



| Tribune de Michèle Alliot-Marie et de Alfredo Perez-Rubalcaba |
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Personne ne méconnait que le processus de globalisation auquel nous assistons à ses contreparties. Certains de ses effets sont indiscutablement positifs. Les aspects négatifs existent aussi malheureusement. Ils peuvent être foudroyants et dévastateurs. Nous le constatons avec l'apparition de nouvelles menaces liées au terrorisme international et au crime organisé, qui s'ajoutent aux menaces et aux risques déjà existants, nous rendant plus vulnérables. Le marché du crime est globalisé, il ne connaît pas de frontières et dispose d'une capacité économique et d'une sophistication technologique plus que suffisante pour attaquer les ciments de nos société. C'est pourquoi les institutions internationales et régionales martèlent auprès des Etats qu'il ne peut y avoir ni lenteur ni laisser-aller dans la réponse à ces menaces. C'est le principe d'action des gouvernements français et espagnol. C'est aussi la raison d'être du 21ème sommet franco-espagnol, qui a réuni le Président de la République française et le président du gouvernement espagnol. Non seulement, nous avons réitéré notre engagement à coopérer pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée, mais nous avons également mis sur la table une série de mesures établissant de nouveaux mécanismes de coopération inédits en matière de sécurité. La France et l'Espagne savent que, face à des problèmes communs, les réponses doivent être conjointes. Aujourd'hui, la sécurité est un défi partagé. Les instruments de la coopération internationale, régionale et bilatérale se montrent efficaces dans les domaines politique et opérationnel. Nos pays ont démontré que cette coopération fonctionne : que les succès dans la lutte contre le terrorisme - de l'ETA et de l'extrémisme islamique - et le crime organisé - en particulier le trafic de stupéfiants - augmentent de manière exponentielle lorsque celle-ci prévaut. Les milliers de tonnes saisies, les réseaux démantelés et les terroristes arrêtés parlent d'eux-mêmes. Nos actions conjointes ne sont ni ponctuelles ni isolées : la coordination est désormais la norme, et non plus l'exception. Les citoyens doivent savoir que cela se traduit par une excellente coopération sur le terrain. Et ce grâce à l'action exemplaire des forces de sécurité des deux pays. L'amélioration permanente dans le domaine politique opérationnel et du renseignement demeure une exigence que nous responsables de la sécurité, n'avons pas l'intention d'ignorer. Nous avons mis en œuvre diverses initiatives communes qui ont donné de très bons résultats, à l'image des équipes permanentes de renseignements en matière de terrorisme - dont la mise en place a été décidée lors du précédent sommet franco-espagnol - qui ont immédiatement eu pour conséquence l'accroissement de la pression exercée sur l'ETA. Ce qui a permis d'asséner des coups très durs aux terroristes, à travers des arrestations aussi importantes que celle, il y a quelques jours de Jurdan Martitegui et d'autres membres de l'organisation. Cette coopération inclut l'engagement sans faille des présidents et de leurs gouvernements. Ainsi, nous avons décidé de mettre en place un Comité de planification et de coordination stratégique de sécurité intérieure. Il permettra aux chefs des forces de sécurité des deux pays de se réunir une fois par semestre. Il nous faut agir sur de nombreux fronts. Il y a seulement quelques années, les structures de sécurité de la majorité des pays industrialisés se concentraient sur la poursuite des délinquants. Aujourd'hui un modèle de sécurité crédible doit s'appuyer sur une véritable capacité d'anticipation et de prévention du délit ; sur la poursuite sans répit des délinquants et la protection des victimes ; enfin dans la préparation de l'avenir. Nos gouvernements font ces efforts. Nous voulons renforcer et dynamiser le Groupe de liaison antidrogue ou le travail du Centre de coordination de la lutte antidrogue de Toulon, créer de nouveaux instruments, à l'image des Unités conjointes antidrogue, dans le cadre du Comité stratégique ou par le développement d'un mécanisme d' « alerte précoce ». Le sommet n'a pas exclu d'autres formes de délits en relation avec le crime organisé, comme la traite des êtres humains, pour leur exploitation sexuelle ou comme main d'œuvre. Nous nous engageons davantage dans la lutte contre les mafias qui exploitent la vie et la dignité de milliers d'êtres humains, en étendant le champ d'activité des équipes communes de police. En définitive, à l'occasion de ce sommet, une série de mesures concrètes a été adoptée pour continuer à faire face au terrorisme et à la criminalité. Il s'agit d'avancées pour le bien-être, la liberté et la sécurité des citoyens de nos deux pays. Nous sommes déjà une référence en matière de coopération internationale et bilatérale. Il est possible de travailler ensemble efficacement et de protéger ensemble notre avenir. Ce futur que nous consolidons chaque fois que nous obtenons un succès contre les bénéficiaires du crime. |

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